Ottawa (Ontario) – Shuvaloy Majumdar, ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable des Relations entre le Canada et les États-Unis, a fait la déclaration suivante concernant les questions qui restent sans réponse au sujet de l’accord de Mark Carney sur le pont Gordie-Howe :

« Depuis plus d’une décennie, les Canadiens ont planifié, financé, assumé les risques et bâti le pont international Gordie-Howe selon un principe simple : nous payons 100% des coûts et nous obtenons 100% des péages jusqu’à ce que ces coûts soient remboursés. Pourtant, une fois la construction terminée, le premier ministre Mark Carney a cédé aux exigences américaines en leur accordant la moitié des péages, alors que les États-Unis n’avaient rien contribué à la construction.

« Les libéraux refusent toujours de rendre public l’accord négocié avec le Cabinet du premier ministre, affirmant maintenant qu’il ne s’agit pas d’un véritable accord mais plutôt d’un « accord de principe ».

« Et ce, même si le ministre de l’Infrastructure de Mark Carney semble sûr des détails, déclarant que « la moitié des profits nets » ira aux Américains « pendant 15 ans », des propos que le premier ministre a repris dimanche.

« Mais chaque dollar versé aux Américains plutôt qu’au Canada est un dollar de moins pour rembourser les 6,4 milliards de dollars promis aux Canadiens. Selon l’accord de 2012, le Canada devait percevoir les revenus des péages pour couvrir les coûts d’exploitation et les intérêts. Les profits nets restants devraient ensuite servir à rembourser les coûts de construction, et ce n’est qu’une fois le pont entièrement payé que les revenus devaient être partagés.

« Nous n’avons absolument aucune transparence, aucune clarté, aucune information sur ce que cet accord constitue réellement, sur l’ampleur des concessions accordées, sur son mode de financement, de ce qui a été abandonné en ce qui concerne les tarifs des péages, sans parler de la stratégie prévue pour défendre nos intérêts économiques et de sécurité en Amérique du Nord.

« Qu’obtient le Canada en retour? Les Américains n’ont rien payé pour la construction du pont, mais ils profiteraient quand même d’une part des profits des péages versée dans un vague “fonds de développement économique”. Pourtant, le Canada a déjà financé de nouvelles infrastructures du côté américain, notamment le raccordement à l’autoroute Interstate 75 du Michigan et le pont lui-même. Cela a favorisé le développement économique grâce à un commerce renforcé, des temps de déplacement réduits et une meilleure liaison pour les travailleurs et les entreprises des deux côtés de la frontière.

« L’approche de rester les bras croisés des libéraux en matière de relations économiques et de sécurité nord-américaines a rendu le Canada plus vulnérable et l’a amené à faire concession après concession. Tant que les libéraux de Mark Carney ne prendront pas au sérieux le renforcement du Canada et la conclusion d’un accord complet, les travailleurs canadiens continueront de subir les tarifs et l’incertitude, tandis que les familles canadiennes feront face à une économie stagnante et à une récession.

« Les concessions de Mark Carney et son incapacité à obtenir les résultats qu’il avait promis ont de lourdes conséquences sur les travailleurs canadiens. Depuis le début de 2026, 37 800 emplois manufacturiers ont été perdus. Pendant ce temps, 57% des entreprises manufacturières disent avoir suspendu, réduit ou annulé leurs investissements en capital, et 42% affirment avoir déjà transféré leur production aux États-Unis ou envisagent de le faire.

« Depuis un an et demi, Mark Carney a cédé à chacune des demandes du président américain – qu’il s’agisse d’abandonner la taxe sur les services numériques ou de retirer les contre-tarifs – partant en voyage à Pékin et en Europe sans utiliser les leviers de négociation dont dispose le Canada pour obtenir quoi que ce soit en retour. Pendant ce temps, les tarifs ont doublé, sans stratégie de négociation claire ni plan pour les éliminer.

« Mark Carney a déclaré “qu’aucun accord vaut mieux qu’un mauvais accord”. Pourtant, il a maintenant négocié un accord qui donne aux Américains la moitié des profits des péages. Il est temps qu’il fasse preuve de transparence et rende public l’accord complet afin que les Canadiens puissent voir ce qu’il a cédé aux Américains. »