Ottawa (Ontario) – En janvier, Mark Carney a déclaré qu’« Il est impossible de « vivre dans le mensonge » d’un avantage mutuel découlant de l’intégration lorsque l’intégration devient la source de votre subordination ». C’est une affirmation qu’il a répétée dans sa vidéo diffusée sur YouTube, déclarant aux Canadiens que « nos liens étroits avec l’Amérique sont maintenant des faiblesses. Nous devons agir ».
Pourtant, à la fin de la semaine dernière, Mark Carney est revenu sur ses propos, affirmant qu’il était « dans l’intérêt du Canada, dans notre intérêt commun, d’être plus forts ensemble » avec les Américains. Devant un comité parlementaire, son ambassadeur aux États-Unis, qu’il avait lui-même choisi, a déclaré que les projets de diversification du gouvernement « ne signifient pas abandonner notre relation avec les États-Unis d’Amérique… Cela signifie en réalité la développer à notre avantage économique ».
En réalité, loin d’approuver la thèse de la « rupture » de Mark Carney, Mark Wiseman est allé plus loin en affirmant que « l’intégration nord-américaine doit se poursuivre pour soutenir une prospérité partagée ». Au lieu de parler de « faiblesse », Mark Wiseman a déclaré que « nos liens économiques avec les États-Unis sont profonds et vastes » et que cette relation étroite « apporte d’énormes avantages au Canada ».
Alors que Mark Carney se compare à un général ayant repoussé une invasion américaine et affirme que les relations bilatérales avec les puissances mondiales constituent « de faire semblant d’être souverain tout en acceptant la subordination », Mark Wiseman a déclaré au Parlement que « nos relations en matière de défense avec les États-Unis – de loin la plus grande puissance militaire au monde – sont sans faille, ce qui est essentiel à la sécurité du Canada ».
Tandis que le premier ministre réitère que « la rupture signifie que les choses ne sont pas normales… Les choses ont changé. Les choses ont changé fondamentalement », son ambassadeur a tenté de rassurer les Américains en affirmant que rien n’avait changé, déclarant devant un comité : « Notre relation avec les États-Unis n’est pas terminée. Nous sommes voisins des États-Unis. Nous sommes voisins du plus grand marché du monde. C’est un avantage considérable pour le Canada, que nous devons entretenir. »
Après une semaine de contradictions, les Canadiens se demandent quelle est la stratégie de leur gouvernement vis-à-vis des Américains. Un an après avoir promis « des négociations globales sur une nouvelle relation économique et de sécurité immédiatement après les élections », aucun plan d’accord n’a été présenté et on ignore si des négociations sont même en cours.
La rupture de Mark Carney signifie-t-elle qu’il n’y aura pas de renouvellement de l’ACEUM ? Le fait que nos relations avec les États-Unis soient perçues comme une faiblesse signifie-t-il qu’il ne souhaite plus éliminer les tarifs sur notre acier, notre aluminium, notre secteur automobile et notre bois d’œuvre ? Interrogé à sept reprises en comité, Mark Wiseman a refusé de confirmer l’existence de négociations officielles avec l’administration américaine visant à supprimer les tarifs au titre de l’article 232.
La position du gouvernement est-elle que le Canada devrait « obtenir un accès stable et préférentiel à l’ensemble du marché nord-américain », comme l’a indiqué son ambassadeur en affirmant que c’était son premier objectif dans le cadre de l’examen de l’ACEUM ? Sans plan ni objectifs de négociation, les Canadiens se retrouvent sans réponses ni résultats.
Depuis l’an dernier, les tarifs sur l’acier et l’aluminium ont doublé et ont récemment été élargis pour inclure tous les produits contenant de l’acier canadien, tandis que les tarifs sur le bois d’œuvre ont triplé. Les 2,6 millions de Canadiens qui dépendent du commerce avec les Américains méritent un plan, et non des contradictions constantes, des concessions sans fin et une rhétorique sensationnaliste déconnectée de la réalité.
Les conservateurs vont faire du Canada un pays maître chez lui et vont bâtir un levier de négociation inébranlable à l’international afin d’assurer un commerce sans tarifs.