Ottawa (Ontario) – Aujourd’hui, l’honorable Pierre Poilievre, chef de l’Opposition officielle et du Parti conservateur du Canada, et Shuvaloy Majumdar, ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable des Relations entre le Canada et les États-Unis, ont envoyé la lettre suivante au premier ministre Mark Carney, lui demandant d’obtenir l’accord qu’il avait promis aux Canadiens :
Monsieur le premier ministre,
Cette semaine, il a été rapporté que votre gouvernement s’apprête à faire encore plus de concessions au président Donald Trump en échange d’un répit partiel des tarifs américains.
Soyons clairs : vous avez dit aux Canadiens « qu’aucun accord vaut mieux qu’un mauvais accord ». Pourtant, pour les 26 700 travailleurs du secteur manufacturier sans emploi cette année, pour les travailleurs de l’automobile qui ont perdu des quarts de travail d’Ingersoll et Oshawa à Brampton et Sainte-Thérèse, ou encore pour les 15 000 travailleurs forestiers sans emploi en Colombie-Britannique depuis 2022, le statu quo est un mauvais accord.
Depuis un an et demi, vous avez cédé à une exigence américaine après l’autre sans rien obtenir en retour, en accumulant concession sur concession. Vous avez abandonné la taxe sur les services numériques et la « taxe Netflix », retiré les tarifs de rétorsion du Canada et cédé aux États-Unis la moitié des recettes nettes de péage du pont international Gordie-Howe avant même que le Canada n’ait récupéré ses coûts de construction. Pire encore, vous avez perdu du terrain alors que les tarifs américains sur l’acier et l’aluminium canadiens ont doublé et s’appliquent à plus de produits, et que les tarifs sur le bois d’œuvre ont triplé.
Avant que vous ne cédiez quoi que ce soit d’autre, les Canadiens méritent un meilleur accord. Cela signifie :
- Aucun tarif sur notre bois d’œuvre résineux, comme l’avait conclu le premier ministre Stephen Harper dans les 79 jours suivant son entrée en fonction;
- La fin des tarifs sectoriels sur l’acier et l’aluminium qui s’appliquent actuellement à toutes les exportations, y compris presque tous les produits qui contiennent de l’acier canadien;
- Un pacte automobile sans tarifs, similaire à l’accord de 1965 entre le Canada et les États-Unis, dans lequel un véhicule d’un partenaire de l’ACEUM peut être vendu sans tarifs pour chaque véhicule que le même fabricant produit au Canada, selon le principe « d’un dollar pour un dollar »; et
- Une exemption totale des règles « Buy America » pour les projets d’infrastructure à tous les niveaux de gouvernement.
Notre message est clair. Nous voulons la victoire et le « bon accord » que vous aviez promis il y a quinze mois. Il faut arrêter de poursuivre des politiques qui mènent à un déclin contrôlé de notre économie. Notre réalité est nord-américaine. Vous avez reconnu que votre approche attentiste avait échoué en faisant marche arrière, pour finalement négocier selon des conditions que vous n’avez pas fixées. Il faut arrêter de faire des concessions.
Les Canadiens paient le prix de cette attente. Des dizaines de milliers de personnes sans emploi. Une économie au ralenti et en récession, accablée par l’incertitude, sans décisions majeures et sans véritable plan de croissance.
Monsieur le premier ministre, vous avez eu le soutien des conservateurs pour renforcer notre puissance nationale, établir un nouveau levier de négociation et utiliser celui dont dispose encore le Canada afin d’obtenir un accord sans tarifs.
Par exemple, nous avons proposé de débloquer nos ressources et de nous engager envers une réserve stratégique d’énergie et de minéraux qui ne soit accessible qu’aux pays ayant accepté d’accorder un accès au marché sans tarifs. Cela renforcerait la position du Canada en faisant de l’accès sécurisé à nos minéraux critiques une récompense pour un commerce libre et équitable.
Nous avons proposé, depuis le début, des politiques qui libéreraient nos ressources et notre base industrielle, renforceraient nos frontières et sécuriseraient notre territoire, des politiques qui s’attaqueraient aux produits issus du travail forcé sur nos marchés et aux régimes qui cherchent à réorganiser les marchés libres que nous avons bâtis.
Nous avons proposé un plan pour renforcer concrètement et objectivement la sécurité économique et nationale du Canada, afin de négocier avec Washington et le reste du monde un accord solide et complet pour notre population. Un pays maître chez lui dispose d’un véritable levier de négociation à l’étranger.
Les Canadiens méritent un gouvernement qui a le courage de se battre pour nos travailleurs, nos familles et chaque pouce de notre souveraineté.
Adoptez notre plan. Prenez-en le mérite. Mais passez à l’action.