Ottawa (Ontario) – Aujourd’hui, l’honorable Pierre Poilievre, chef de l’Opposition officielle et du Parti conservateur du Canada, et l’honorable Mike Lake, ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable de la Santé mentale et du Bien-être, ont adressé la lettre suivante à la ministre Eleanor Olszewski pour réclamer des changements nécessaires concernant les alertes publiques, la formation des premiers répondants, les protocoles de recherche et les pouvoirs des forces de l’ordre afin de mieux protéger les enfants vulnérables portés disparus :
Madame la ministre,
Nous vous écrivons non seulement en tant que députés, mais aussi en tant que pères d’enfants autistes.
Nous savons à quel point nos enfants sont une source de joie extraordinaire. Nous comprenons également que les enfants autistes peuvent être exposés à des risques supplémentaires, en particulier ceux qui présentent un risque d’errance, qui ne parlent pas ou qui peuvent être incapables de demander de l’aide lorsqu’ils sont perdus.
Les Canadiens sont bouleversés par la mort tragique de Parker Wells, âgé de 11 ans. Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille et à tous ceux qui l’aimaient. Aucun parent ne devrait jamais avoir à subir la perte d’un enfant.
Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui ont travaillé sans relâche pour ramener Parker chez lui, en particulier les milliers de citoyens extraordinaires de Calgary qui se sont portés volontaires pour participer aux recherches. Leur réaction a montré le meilleur de l’Alberta et du Canada.
Mais la mort de Parker a également mis en évidence une grave lacune dans la manière dont le Canada réagit lors de la disparition d’enfants vulnérables.
Selon Autisme Canada, près de la moitié des enfants autistes sont susceptibles de faire de l’errance. Cependant, nos systèmes d’alerte d’urgence sont principalement conçus pour les cas d’enlèvements présumés. Ils ne sont pas correctement équipés pour intervenir lorsqu’un enfant autiste, non verbal ou autrement vulnérable disparaît sans qu’il n’y ait de preuve d’acte criminel.
Le danger qui menace cet enfant est tout aussi réel. La nécessité de le retrouver est tout aussi urgente.
Dans le cas de Parker, une alerte AMBER n’a pu être émise que deux jours après sa disparition, et seulement après que le gouvernement de l’Alberta a accordé une dérogation aux critères habituels. Le danger existait dès l’instant où Parker a disparu. Le système d’alerte aurait dû être en mesure de réagir dès ce moment-là.
Des parents et des défenseurs de la cause, notamment Jennifer Ball, le Réseau national de l’autisme et la Missing Children Society of Canada, ont appelé à une réforme. Certains ont proposé la création d’une « alerte Indigo » dédiée aux enfants vulnérables disparus. D’autres ont demandé que les systèmes d’alerte d’urgence existants soient étendus afin que des alertes puissent être lancées sans preuve d’enlèvement.
Peu importe la forme que prendra la solution, le principe devrait être simple : le système doit répondre au danger auquel l’enfant fait face, et non pas seulement au fait qu’un crime soit soupçonné ou non.
Nous vous demandons donc de réunir immédiatement les gouvernements provinciaux et territoriaux, les forces de l’ordre, les Canadiens autistes, les familles et les organisations concernées afin de :
- Créer un cadre national permettant la diffusion rapide d’alertes publiques lors de la disparition d’enfants vulnérables, même en l’absence de suspicion d’enlèvement ou d’acte criminel;
- Renforcer la formation des premiers répondants et les protocoles de recherche pour les enfants autistes et non verbaux disparus, ainsi que pour les enfants ayant une déficience intellectuelle et un trouble du développement; et
- Veiller à ce que la police dispose d’une autorité claire et des outils nécessaires pour avertir immédiatement le public lorsque la vie d’un enfant vulnérable peut être en danger.
Aucune réforme ne peut garantir que chaque enfant disparu rentrera chez lui en toute sécurité. Mais lorsqu’un enfant vulnérable disparaît, chaque minute compte. Les règles bureaucratiques ne doivent jamais faire perdre un temps précieux.
Nous le devons à Parker, à sa famille et à chaque enfant vulnérable au Canada de combler cette lacune.
Veuillez nous fournir une réponse écrite précisant les mesures que votre gouvernement compte prendre ainsi que l’échéancier auquel les Canadiens peuvent s’attendre.