Ottawa (Ontario) – Shuvaloy Majumdar, ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable des Relations entre le Canada et les États-Unis, et Eric Duncan, ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable des Affaires étrangères, se sont joints à leurs collègues députés conservateurs pour envoyer la lettre suivante au ministre Dominic LeBlanc afin de lui demander de rendre public l’accord négocié par Mark Carney en vue de l’ouverture du pont Gordie-Howe :
Monsieur le ministre,
Le Canada a payé 100% des coûts de construction du Pont international Gordie-Howe en échange de la promesse de percevoir 100% des péages jusqu’au remboursement complet des coûts. Nous avons même financé les infrastructures du côté américain de la frontière. Nous avons assumé le risque et les coûts. Nous méritons de récupérer notre argent. C’est pourquoi nous avons été choqués d’apprendre que vous avez accepté de donner la moitié des profits de péage aux États-Unis, aux frais des contribuables canadiens.
Le premier ministre Mark Carney a négocié un accord désastreux pour le Canada.
Nos citoyens exigent des réponses.
Avant l’ouverture du pont, les Canadiens méritent de prendre connaissance de l’accord dans son intégralité, d’obtenir un bilan complet de ses coûts et des réponses claires sur ce qui a été cédé.
L’ouverture du Pont international Gordie-Howe devrait être un moment de fierté nationale. Ce point de passage essentiel va renforcer les échanges commerciaux, réduire les temps de déplacement et soutenir les travailleurs et les entreprises des deux côtés de la frontière. Les Canadiens peuvent être fiers des urbanistes, des constructeurs et des contribuables qui l’ont rendu possible.
Pourtant, l’annonce par votre gouvernement d’une ouverture le 27 juillet soulève de sérieuses questions quant à l’accord conclu avec les États-Unis. Le Canada a financé le pont, ses approches, les points d’entrée et la liaison avec l’Interstate 75 dans le Michigan. Les contribuables ont assumé les coûts et les risques. Votre annonce parle pourtant vaguement de « mesures de coopération » sur les péages, de l’accord américain pour certaines modifications et d’un fonds de développement économique de 15 ans lié aux profits du pont, sans divulguer l’accord complet ni ses coûts pour les Canadiens.
Selon les médias, la moitié des profits nets du pont sera désormais versée à un fonds régional, les États-Unis obtenant un nouveau pouvoir de décision en matière de péages. Si cela s’avère vrai, il s’agit là de concessions extraordinaires pour un actif construit et payé par les Canadiens.
Les Canadiens méritent des réponses franches :
- Allez-vous publier immédiatement l’accord complet, y compris tous les amendements, les lettres d’accompagnement, les arrangements financiers et les engagements pris envers les États-Unis ?
- Qu’est-ce qui sera précisément réparti : les revenus des péages bruts, les profits d’exploitation, les profits nets après dépenses, ou les revenus une fois que le Canada aura entièrement récupéré son investissement ?
- Est-ce que des revenus du pont seront transférés, partagés ou versés dans le fonds de développement économique avant que les contribuables canadiens ne récupèrent la totalité des coûts du projet ?
- Quelles sont les prévisions du gouvernement concernant les distributions de ce fonds de 15 ans, et quelle part sera dépensée au Canada par rapport aux États-Unis ?
- Quels nouveaux pouvoirs ont été accordés aux États-Unis sur les taux de péage ? Les autorités américaines peuvent-elles bloquer les augmentations, exiger des baisses ou ralentir d’une quelconque manière le recouvrement de l’investissement du Canada ?
- L’accord a-t-il modifié la propriété du pont, sa gouvernance, ses responsabilités ou le calendrier initial de recouvrement de la contribution du Canada ?
- Qu’a reçu le Canada en retour, au-delà de l’accord américain de ne pas faire obstacle à l’ouverture d’un pont dont le Canada a financé seul la construction ?
L’accord initial sur le passage du pont prévoyait déjà une coopération avec le Michigan une fois que le Canada aurait récupéré ses coûts, ce qui devait prendre des décennies. Les revenus excédentaires devaient alors être répartis à parts égales, avec des obligations partagées en cas de déficits futurs. Votre gouvernement a-t-il maintenant accordé aux États-Unis l’accès aux profits avec des décennies d’avance, sans aucune contribution correspondante aux milliards dépensés par le Canada ?
Cela ne peut pas être examiné de façon isolée. Le premier ministre Mark Carney a été élu en promettant qu’il saurait « gérer » le président Donald Trump, négocier des victoires et obtenir le meilleur accord pour le Canada.
Le premier ministre Mark Carney avait promis qu’il pourrait « gérer Donald Trump », « négocier une victoire » et obtenir un accord d’ici le « 21 juillet » 2025. Tout cela n’était qu’une illusion. Un an après sa propre date limite, qu’a-t-il accompli ? Il a cédé à chacune des exigences du président et n’a rien obtenu en échange, si ce n’est le doublement des tarifs imposés au Canada, qui s’appliquent désormais à un plus grand nombre de produits.
Il a cédé tous nos atouts de négociation sans même se présenter à la table des négociations. C’est avec raison qu’il a fait marche arrière sur la taxe sur les services numériques (TSN), la hausse de la taxe Netflix, les contre-tarifs et les dépenses de défense, mais il a omis d’utiliser ces éléments comme monnaie d’échange pour obtenir la suppression des tarifs américains en retour. Maintenant, il semble avoir donné aux États-Unis la moitié des profits de péage d’un pont dont le Canada a payé 100% des coûts.
Plus récemment, lors de négociations cruciales sur les produits issus du travail forcé (par exemple, provenant des chaînes d’approvisionnement de la République populaire de Chine), il ne s’est pas présenté et a déposé des documents incomplets.
Il a gaspillé un an et demi et la majeure partie de notre pouvoir de négociation, avec pour unique résultat le doublement des tarifs américains sur une plus grande quantité de nos produits et des risques accrus à l’horizon. Personne, y compris lui-même, ne connaît sa stratégie ni même ses objectifs.
Le chef conservateur Pierre Poilievre a présenté un plan clair en février pour rendre le Canada fort chez nous avec un levier de négociation inébranlable à l’étranger. Le plan conservateur renforce notre levier pour obtenir l’élimination des tarifs. Nous allons constituer une réserve stratégique de minéraux critiques disponibles pour les États-Unis comme incitation positive à l’élimination des tarifs. Nous serions en train de nous battre à la table des négociations dès maintenant plutôt que d’accumuler les défaites sans rien obtenir en retour. Il est temps de se présenter et de se battre pour le Canada.
En attendant, les Canadiens veulent des réponses. Avant l’ouverture du pont le 27 juillet, publiez l’accord complet. Fournissez aux Canadiens un compte rendu complet de ce qui a été cédé, de ce qui a été obtenu et du coût réel de cet accord.
Le premier ministre Mark Carney a promis aux Canadiens qu’il négocierait une victoire avec les États-Unis. Qu’est-ce que le Canada a gagné, exactement ?