Ottawa (Ontario) – Aujourd’hui, l’honorable Pierre Poilievre, chef de l’Opposition officielle et du Parti conservateur du Canada, a adressé la lettre suivante au premier ministre Mark Carney pour l’inviter à prononcer un discours lors d’un débat d’urgence au Parlement sur la récession qui touche actuellement le Canada :
Monsieur le premier ministre,
Vendredi dernier, vous êtes devenu le seul dirigeant du G7 à avoir plongé son pays dans la récession. Statistique Canada a indiqué que l’économie canadienne s’est contractée pendant deux trimestres consécutifs, ce qui correspond à la définition d’une récession.
Vous aviez promis de faire du Canada l’économie à la croissance la plus rapide du G7. Vous avez provoqué la seule récession du G7.
Les excuses concernant les tarifs et la guerre en Iran ne tiennent pas non plus. Tous les autres pays du G7 sont confrontés aux tarifs et à la guerre. Aucun d’entre eux n’est en récession. Seulement le Canada. Et cela s’est produit sous votre direction.
Avant que vous ne rejetiez cela comme une simple formalité, de nombreux autres faits, apparus rien que ce mois-ci, indiquent une récession :
- 112 300 pertes d’emplois rien que pour les trois premiers mois de cette année, avec 45 800 Canadiens de plus au chômage depuis que vous êtes devenu premier ministre.
- Le deuxième taux de chômage le plus élevé du G7, supérieur de 33% à celui des États-Unis.
- L’économie s’est contractée au cours de trois des quatre trimestres où vous avez été au pouvoir. Aucun autre pays du G7 n’a connu une telle situation.
- Les investissements des entreprises ont encore baissé de 0,7%, ce qui représente la cinquième baisse trimestrielle consécutive.
- Plus de 20 milliards de dollars d’investissements nets ont fui notre économie (109,3 milliards de dollars sont sortis et seulement 88,4 milliards de dollars sont revenus).
- Equifax a signalé que le nombre de cas d’insolvabilité a atteint des niveaux jamais vus depuis 2009, avec une hausse de près de 19% par rapport à l’année précédente. 1,5 million de Canadiens ont manqué un paiement de dette au cours des trois premiers mois de cette année seulement, les taux de prêts hypothécaires en souffrance grimpant de 32% par rapport à l’année précédente.
- Le Canada affiche de loin le niveau d’endettement des ménages le plus élevé du G7.
- Le PDG de la banque alimentaire Daily Bread à Toronto a déclaré cette semaine qu’un dixième des habitants de la région du Grand Toronto ont désormais recours à une banque alimentaire. L’année dernière a enregistré un nombre record de 4,1 millions de visites, soit une hausse de 340% par rapport à 2019.
Comme vous pouvez le constater, ces deux trimestres consécutifs de baisse du PIB ne sont ni un hasard, ni une anomalie, ni un détail technique. C’est l’une des nombreuses preuves qui témoignent d’une économie en effondrement et d’une flambée des coûts.
La récession est bien réelle. Elle se traduit par des mères de famille avec des paniers d’épicerie et des comptes bancaires vides. Elle se traduit par des propriétaires de maison qui ont de la difficulté à dormir la nuit, se demandant comment ils feront leur prochain paiement hypothécaire. Elle se traduit par des parents qui disent à leurs enfants : « Nous devons vendre notre maison. Je ne sais pas ce que nous allons faire. »
Les discours, les faux protocoles d’entente, les documents de travail, les annonces, la couverture médiatique payée et autres illusions ne répareront pas les dommages ni n’arrêteront l’hémorragie économique. Vous devez changer de cap. Maintenant. Avant qu’il ne soit trop tard.
Vous adorez prononcer des discours. Je vous invite à en prononcer un.
Je demande la tenue d’un débat parlementaire d’urgence, afin que vous, et le gouvernement libéral que vous dirigez, puissiez expliquer aux Canadiens votre plan pour inverser la récession et l’inflation que vous avez provoquées. Cela permettra aux conservateurs de présenter leurs plans pour un redressement économique.
Il est encore temps de réparer les dégâts que vous avez causés. Mais le temps presse. Au plaisir de vous voir au Parlement.