Ottawa (Ontario) – La semaine dernière, le ministre des Finances a présenté la Mise à jour économique du printemps, qui s’inscrit dans la continuité de la politique budgétaire à crédit des libéraux, laquelle a doublé le déficit laissé par l’ancien premier ministre. Aujourd’hui, la directrice parlementaire du budget (DPB) a publié une série de rapports qui soulèvent des signaux d’alerte concernant le budget de Mark Carney.
La DPB a réitéré ses mises en garde concernant l’abandon par les libéraux des définitions traditionnelles des dépenses en capital, soulignant qu’il manque toujours des définitions précisant comment les dépenses s’inscrivent dans chaque catégorie. Cette absence de définitions claires empêche la DPB de s’assurer que « cette cible budgétaire demeure équilibrée ».
L’absence de définitions a également empêché la DPB de déterminer si les soi-disant dépenses en capital créent réellement des actifs et d’évaluer si les contribuables obtiennent un jour un retour sur investissement.
Ils ne sont pas les seuls à sonner l’alarme, le Fonds monétaire international (FMI) appelant les libéraux à adopter les normes comptables internationales afin « d’améliorer la transparence, d’assurer la comparabilité dans le temps et de maintenir un lien clair entre l’emprunt et l’évolution de la dette ». Le FMI a également « appelé à la mise en place d’un mécanisme indépendant pour valider les classifications et la conformité ».
Après que les libéraux ont à plusieurs reprises abandonné leurs cibles budgétaires, la DPB a en outre indiqué que leurs hausses répétées des dépenses au-delà des estimations précédentes « peuvent nuire à la crédibilité des plans budgétaires, affaiblir la confiance dans le cadre budgétaire et susciter des inquiétudes quant à la viabilité budgétaire à long terme ».
Ella a souligné « une tendance à la hausse préoccupante » des paiements d’intérêts, qui devraient atteindre 13,2 % des recettes – soit 80 milliards de dollars – d’ici la fin de la décennie. Cela représente une hausse à 1 901 dollars par personne qui seront dépensés chaque année uniquement pour rembourser les banquiers et les détenteurs d’obligations. Il n’est pas surprenant que le FMI ait déclaré que les libéraux devraient rétablir le ratio dette/PIB comme ancrage budgétaire afin de « renforcer la discipline, la transparence et la crédibilité » dans l’élaboration du budget canadien.
Par ailleurs, il existe un énorme trou noir dans les projections budgétaires du gouvernement : les dépenses de défense. La dernière Mise à jour économique du printemps ne présente pas de compte rendu annuel des dépenses de défense, et la DPB estime que pour que les libéraux respectent leur engagement « les dépenses de défense de base selon la comptabilité de caisse devraient atteindre 159 milliards de dollars en 2035 ».
Ce n’est pas une petite somme, car la DPB calcule que le respect de notre engagement en matière de défense entraînerait une hausse du déficit annuel de 63 milliards de dollars en 2035-2036 – soit près du double du déficit – et ferait grimper le ratio dette/PIB de 6,3 %. La DPB note que cela représente « un risque de hausse significatif pour les projections relatives au déficit et à la dette ».
Ce n’est pas le seul domaine dans lequel les libéraux n’ont pas été honnêtes avec les Canadiens. La DPB note que le Bureau des grands projets n’a pas publié « de rapports d’étape ni de tableaux de bord sur les délais d’approbation permettant d’évaluer son rendement par rapport à son mandat de deux ans ». Et il n’y a toujours pas de détails sur les économies réalisées grâce à l’examen exhaustif des dépenses ni de mise à jour sur la réduction du nombre de fonctionnaires.
Les libéraux n’ont « aucun objectif ou indicateur relatif au rythme de la construction de logements » dans la Mise à jour économique du printemps, la DPB soulignant que « depuis le budget de 2025, les mises en chantier résidentielles au Canada continuent de perdre leur élan ». Malgré l’allocation de 13 milliards de dollars au programme Maisons Canada, celui-ci ne devrait permettre de construire que 5 200 logements par an, ce qui, selon la DPB, « ne suffirait pas à atteindre le rythme de construction résidentielle précédemment visé ».
Onze ans de budgets libéraux à crédit n’ont abouti qu’à une augmentation des dépenses qui a fait grimper le coût de la vie. Mark Carney avait promis d’être différent, mais ses budgets montrent qu’il n’est qu’un autre libéral. Seuls les conservateurs vont remettre le Canada sur les rails et rétablir un gouvernement abordable afin que les Canadiens puissent mener une vie abordable.