Ottawa (Ontario) – Aujourd’hui, l’honorable Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada et de l’Opposition officielle, a envoyé une lettre au premier ministre Mark Carney pour demander à son gouvernement de présenter et d’adopter immédiatement un plan d’approvisionnement énergétique d’urgence pour répondre à la crise énergétique mondiale déclenchée par la guerre au Moyen-Orient :

Monsieur le premier ministre,

Je vous écris pour demander à votre gouvernement de présenter et d’adopter immédiatement un plan d’approvisionnement énergétique d’urgence en réponse à la crise énergétique mondiale déclenchée par la guerre au Moyen-Orient. Nous devons exploiter notre pétrole et notre gaz pour alimenter nos alliés historiques en énergie et créer des emplois bien rémunérés pour nos travailleurs. 

C’est pourquoi j’écrirai aujourd’hui au président de la Chambre des communes pour demander un débat d’urgence sur cet enjeu. Je vous encourage à vous joindre à nous et à assister au débat.

Les marchés énergétiques mondiaux entrent dans une période de perturbation grave. Le conflit au Moyen-Orient a déjà interrompu les chaînes d’approvisionnement et fermé d’importantes capacités de liquéfaction au Qatar, qui produit environ 20 % du gaz naturel liquéfié mondial. Le transport maritime dans le détroit d’Ormuz a énormément ralenti en raison de l’escalade des menaces qui pèsent sur les navires commerciaux. 

Ces événements ont entraîné une forte hausse des prix du pétrole et du gaz. Les prix du gaz naturel en Europe ont augmenté d’environ 50 %, tandis que les prix du pétrole ont grimpé de près de 25 % depuis le début de la guerre, pour atteindre plus de 90 dollars le baril.

Le ministre de l’Énergie du Qatar a averti que la situation allait empirer, déclarant au Financial Times que les pays du Golfe allaient interrompre leur production « dans les jours à venir » et que même si la guerre prenait fin demain, il faudrait « des semaines, voire des mois » au pays pour rétablir un approvisionnement énergétique normal. Il a en plus prédit que les prix du pétrole grimperaient à 150 dollars le baril et ceux du gaz quadrupleraient par rapport à leur niveau d’avant le conflit.

L’Europe a passé ces dernières années à tenter de réduire sa dépendance à l’énergie russe. De nombreux pays se sont tournés vers le Moyen-Orient pour remplacer ces approvisionnements. Aujourd’hui, cette région est elle-même devenue de plus en plus instable, ce qui oblige nos alliés à rechercher rapidement de nouvelles sources d’énergie fiables auprès de pays démocratiques alliés.

Le Canada devrait être la solution.

Notre pays possède de grandes réserves de pétrole et de gaz naturel qui pourraient contribuer à stabiliser les marchés mondiaux, à soutenir nos alliés et à renforcer notre propre économie. L’énergie canadienne pourrait alimenter nos alliés à l’étranger, entraîner une hausse du pouvoir d’achat des Canadiens, diversifier notre commerce à l’étranger et nous donner un véritable levier de négociation dans un monde incertain.

L’énergie canadienne va aussi aider à rendre les prix plus abordables chez nous. Les Canadiens ont déjà vu les prix de l’essence et de l’énergie grimper en flèche la semaine dernière. En créant de nouveaux emplois et en augmentant l’offre et la disponibilité de l’énergie canadienne, nous pouvons aider à réduire les répercussions directes de ce conflit sur le coût de la vie.

Pourtant, au moment même où la demande mondiale pour notre énergie augmente, les politiques fédérales découragent les investissements et ralentissent la production. L’un des plus grands producteurs de pétrole du Canada, Canadian Natural Resources Limited, a récemment annoncé qu’il suspendait ses projets d’expansion au Canada. La société a invoqué la taxe carbone industrielle et les obstacles réglementaires fédéraux comme créant un « fardeau économique pour les investissements à long terme dans la croissance » des projets énergétiques. 

Par ailleurs, les actions précédentes des États-Unis au Venezuela visant à ramener son pétrole sur les marchés mondiaux continuent de représenter une menace potentielle pour l’énergie canadienne. Chaque baril de pétrole vénézuélien traité par les Américains remplace un baril de pétrole canadien. C’est pourquoi le gouvernement doit se tasser du chemin pour que les investisseurs privés puissent commencer à construire des pipelines qui permettront de diversifier les marchés.

Les décisions d’investissement sont motivées par des calculs mathématiques, et non par des annonces. Les cérémonies politiques et les communiqués de presse ne peuvent remplacer les politiques concrètes qui permettent la réalisation des projets.

Vous n’avez approuvé aucun projet de pipeline. Votre Bureau des grands projets n’a approuvé aucun nouveau projet, quel qu’il soit, malgré les pouvoirs exceptionnels que le Parlement vous a accordés à cette fin il y a près d’un an. Le Canada est désormais le seul pays du G7 dont l’économie est en déclin. Vous avez doublé le déficit.

Vous devez maintenant passer de la rhétorique à la réalité.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à mettre immédiatement en œuvre un plan d’approvisionnement énergétique d’urgence visant à débloquer la production énergétique canadienne et à l’acheminer rapidement et de manière responsable vers les marchés mondiaux.

Ce plan devrait inclure les mesures suivantes :

  • Abroger le projet de loi C-69, la loi anti-développement qui a bloqué des projets majeurs, et abroger le projet de loi C-48, qui interdit le transport de pétrole depuis certaines parties des côtes canadiennes ;
  • Retirer la taxe carbone industrielle pour redonner de la compétitivité au secteur énergétique canadien tout en réduisant les coûts pour les Canadiens ;
  • Préapprouver les sites des usines de GNL sur la côte est du Canada, en utilisant l’autorité constitutionnelle du gouvernement fédéral et les pouvoirs prévus par les lois récemment adoptées, comme le projet de loi C-5 ;
  • Garantir un délai d’approbation maximal de six mois pour les grands projets d’infrastructure énergétique.

Votre gouvernement doit se tasser du chemin pour laisser les projets du secteur privé se réaliser. Le Canada ne peut pas contrôler les conflits mondiaux ou l’instabilité géopolitique. Mais nous pouvons décider si nous laissons nos propres ressources atteindre les marchés mondiaux.

Si nous nous débarrassons des obstacles qui freinent l’énergie canadienne, nous pouvons contribuer à stabiliser l’approvisionnement mondial, à renforcer notre économie et à consolider le rôle du Canada en tant que partenaire fiable des nations démocratiques.

Le Canada peut aider nos alliés historiques à l’étranger, tout en augmentant les salaires de nos travailleurs avec des emplois payants.

Je demande à votre gouvernement d’agir immédiatement.