Ottawa (Ontario) – Cette semaine, après des mois où les libéraux ont nié que leurs politiques causaient une hausse des prix, le chef conservateur Pierre Poilievre a demandé directement à Mark Carney : si ce ne sont pas ses nombreuses taxes, alors qu’est-ce que qui cause cette hausse ?
À court de nouvelles excuses, Mark Carney en a proposé une nouvelle : il a affirmé que « la chute du dollar canadien causée par l’obstructionnisme des députés d’en face avant l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel » était en quelque sorte responsable. Il s’agissait là d’une nouvelle tentative du gouvernement de se déresponsabiliser par rapport à la hausse des prix de l’épicerie et rejeter la faute sur des facteurs mondiaux.
Mettons à l’épreuve cet économiste autoproclamé et voyons si la nouvelle version de Mark Carney tient la route :
La référence internationale
De nos jours, tous les pays importent des aliments, ce qui facilite la comparaison du Canada avec une référence internationale. L’hypothèse est déjà remise en question : en décembre 2025, le Canada affichait le taux d’inflation alimentaire le plus élevé du G7. Par rapport à l’année précédente, l’inflation alimentaire a augmenté de 6,2 % plus rapidement.
Si les facteurs internationaux étaient les seuls responsables, ils affecteraient tous les pays de la même manière, et le Canada ne continuerait pas à faire figure d’exception. Mais le fait d’avoir le taux d’inflation alimentaire le plus élevé du G7 démontre qu’il s’agit d’un problème spécifique au Canada.
Des problèmes fabriqués au Canada
Pour appuyer son argumentation, Mark Carney cite un article récent de la Banque du Canada pour suggérer que l’inflation alimentaire n’est pas un phénomène local. Mais dès le départ, l’analyse exclut explicitement les fruits et légumes, qui sont essentiels à l’alimentation des Canadiens. Le Guide alimentaire, par exemple, recommande que les fruits et légumes occupent la moitié de l’assiette.
Exclure les fruits et légumes donne un portrait incomplet d’une partie importante du panier d’épicerie des Canadiens et de ce qui cause la hausse des prix. C’est aussi dans cette catégorie d’aliments que nous avons constaté certaines des plus fortes hausses de prix sous le gouvernement libéral.
Ces mêmes fruits et légumes sont produits au Canada et leur prix a grimpé en flèche depuis l’entrée en fonction de Mark Carney. Par exemple, la laitue romaine est produite au Québec et en Ontario, où son prix a augmenté de 17,7 %, tandis que les raisins sont produits en Ontario et en Colombie-Britannique, où leur prix a augmenté de 14,2 %. Les concombres, cultivés en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta, ont également connu une hausse de 17,4 % depuis mars 2025.
Mais même en excluant les fruits et légumes, l’article de la Banque du Canada conclut que « les coûts intérieurs représentent près de deux tiers du prix du panier d’épicerie ». Cela ne surprend personne qui comprend le système alimentaire canadien. Financement agricole Canada rapporte que nous produisons 70 % de nos besoins alimentaires au pays, tandis qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada affirme que 80 % des aliments et des boissons transformés vendus au Canada sont fournis par l’industrie de transformation nationale.
Des solutions conçues pour les Canadiens
Étant donné que la grande majorité de nos aliments sont cultivés et transformés au Canada, la dernière tentative désespérée de Mark Carney de blâmer les fluctuations du taux de change ne tient pas non plus la route. De plus, les fluctuations à court terme n’expliquent pas la crise de l’abordabilité alimentaire qui sévit depuis des années sous le gouvernement libéral. On parle du même gouvernement qui a causé l’augmentation alarmante des files devant les banques alimentaires, sans aucun lien avec les fluctuations du dollar canadien.
Alors que Mark Carney continue de rejeter la responsabilité sur tout sauf ses propres politiques, les conservateurs comprennent qu’il s’agit d’une crise d’origine canadienne qui augmente directement les coûts que les Canadiens doivent payer. C’est pourquoi les conservateurs continueront de se battre pour éliminer les taxes cachées sur les aliments imposées par les libéraux qui font grimper les prix dans les épiceries.
Les Canadiens méritent un véritable plan qui va stimuler la concurrence, abolir les taxes sur la nourriture et apporter de vraies solutions pour rétablir l’abordabilité alimentaire pour tous.