Ottawa (Ontario) – L’honorable Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada et de l’Opposition officielle, a fait la déclaration suivante en réponse au discours de Mark Carney à Davos :
« Le discours prononcé par le premier ministre Carney à Davos a été largement salué et je veux d’abord lui adresser toutes mes félicitations. Le premier ministre a raison de rappeler ce que beaucoup disent depuis des années. Le Canada doit devenir plus autonome, moins dépendant et travailler avec des pays qui partagent nos intérêts. Et les conservateurs sont prêts à collaborer avec le premier ministre pour transformer ces paroles en résultats concrets.
« Ce qui a retenu mon attention, c’est quand le premier ministre Carney a affirmé ; “l’écart entre la rhétorique et la réalité”. C’est vrai qu’il existe un écart entre la rhétorique et la réalité, ici, chez nous, au Canada. En effet, si tous les discours et les bonnes intentions des libéraux étaient des marchandises échangeables, le Canada serait déjà le pays le plus riche au monde ! Malheureusement, malgré les grands discours et une décennie de promesses, le coût de la vie continue d’augmenter et notre économie est plus dépendante que jamais.
« Ça fait maintenant près d’un an que Monsieur Carney est au pouvoir, et la situation ne s’améliore pas. Le déficit a doublé, l’inflation alimentaire est le double de celle des États-Unis, le coût du logement est le pire du G7, aucun pipeline n’a été approuvé et aucune loi anti-développement n’a été retirée. L’armée canadienne manque de personnel et d’équipement. Il n’y a toujours pas de libre-échange entre les provinces. Aucune loi sur la criminalité n’a été adoptée. Et la principale promesse du premier ministre, celle de négocier un accord le plus rapidement possible avec les États-Unis, n’a pas été respectée. En fait, les tarifs américains sur le Canada ont plus que doublé et les contre-tarifs promis par le premier ministre ont disparu comme par magie.
« Ces promesses non tenues, qui ont toutes été précédées de grands discours et d’annonces nous rendent vulnérables aux dangers mondiaux. On en a assez des paroles. On a besoin de résultats, maintenant !
« On doit libérer nos ressources, maintenant. On doit approuver les pipelines, maintenant. On doit renforcer notre armée, maintenant. Et nous devons agir contre l’ingérence étrangère, les menaces et l’intimidation de nos citoyens par des puissances hostiles comme la Chine, la Russie et l’Iran, maintenant.
« Les cinq dernières années ont démontré que nous ne pouvons compter sur personne. Notre principal voisin et partenaire commercial – les États-Unis – nous ont imposé des tarifs. Ils ont aussi remis en question notre souveraineté. C’est une vision à court terme qui va nuire aux États-Unis. Nous ne pouvons pas contrôler ce que les États-Unis font. Personne ne peut contrôler ce que dit ou fait le président Trump.
« Il serait tentant de dire que notre relation avec les États-Unis est perdue pour toujours. Mais, voici la réalité, nous vivons toujours au nord de la plus grande économie et de la plus grande armée que le monde ait jamais vues. Nous vendons 20 fois plus aux États-Unis qu’à la Chine. Un emploi canadien sur dix dépend directement ou indirectement du commerce avec les États-Unis.
« Nous le devons à nos travailleurs, à nos familles, amis et concitoyens, de veiller à ce que ces emplois ne disparaissent pas. Croître et diversifier nos échanges commerciaux est essentiel, comme tous les partis politiques le disent depuis des décennies. Mais nous devons aussi nous rappeler que notre partenariat commercial et sécuritaire avec les États-Unis est vieux de plusieurs siècles et survivra à un président.
« Le premier ministre libéral britannique Lord Palmerston disait : “Nous n’avons pas d’alliés éternels, et nous n’avons pas d’ennemis perpétuels. Nos intérêts sont éternels et perpétuels, et c’est notre devoir de les suivre.”
« Nous devons continuer à collaborer avec les alliés aux États-Unis qui sont en dehors de l’administration pour minimiser les dommages jusqu’à ce que la relation plus large puisse un jour être réparée. Je réitère mon offre au premier ministre : les conservateurs sont prêts à aider son gouvernement à lutter contre les tarifs américains.
« Mais si nous espérons le meilleur, il serait naïf de penser que les choses reviendront exactement comme avant. Que la prochaine administration soit républicaine ou démocrate, les tarifs pourraient rester en place pour un avenir prévisible.
« Rien de cela n’excuse de baisser notre garde et de répéter les erreurs du passé en laissant le Canada vulnérable face à des puissances agressives comme Pékin, que le premier ministre lui-même a qualifié de plus grande menace, il y a seulement quelques mois.
« Il est ironique que le premier ministre ait cité Václav Havel, l’un des grands héros du XXᵉ siècle dans la lutte contre le communisme, moins d’une semaine après avoir lancé un “partenariat stratégique pour un nouvel ordre mondial” avec le régime communiste chinois, un partenariat incluant “des plans pour approfondir l’engagement sur les questions de sécurité nationale à des niveaux supérieurs”.
« Nous ne pouvons pas jouer avec un régime qui kidnappe nos citoyens, vole notre technologie, interfère dans nos élections, installe des postes de police illégaux sur le sol canadien, et qui a une histoire d’utiliser le commerce comme arme diplomatique contre nous. Si c’est cela que Monsieur Carney entendait en disant à Davos qu’il “calibre nos relations pour que leur profondeur reflète nos valeurs”, alors je remets sérieusement en question ses valeurs et, franchement, son jugement.
« Bien sûr, nous devons commercer avec la Chine, comme nous l’avons toujours fait, mais sans perdre notre boussole ni notre sécurité nationale.
« En même temps, nous devons poursuivre le travail commencé par Stephen Harper, en élargissant notre réseau d’accords commerciaux avec d’autres pays de taille moyenne partageant nos valeurs. En fait, nous avons déjà des accords de libre-échange avec la plupart des pays de taille moyenne, après que le gouvernement conservateur précédent ait négocié des accords avec un record de 46 pays.
« Étant donné que ces accords sont déjà en place, ce qui nous empêche aujourd’hui de développer notre commerce avec eux n’est pas les barrières qu’ils imposent, mais celles que nous nous imposons nous-mêmes. Les lois libérales comme C-69 et C-48 rendent impossible l’approbation de projets ou l’exportation d’énergie depuis nos côtes. Il faut 19 ans pour approuver une mine. Ce gouvernement libéral a créé ces lois et obstacles, et presque un an après son entrée en fonction, M. Carney n’a retiré aucune loi ni bureaucratie. Il n’a approuvé aucun pipeline. Ni supprimé la taxe carbone industrielle, qui augmente le coût des aliments, du logement et pousse l’industrie à partir.
« Il y a des centaines de milliards de dollars privés prêts à investir dans des projets extrêmement rentables, comme un oléoduc vers le Pacifique. De l’argent pour faire circuler l’énergie canadienne et faire travailler nos citoyens. Nous avons les ressources sous nos pieds. Il ne manque que les permis. Les permis fédéraux du gouvernement Carney, qui sont les plus lents au monde.
« Les grandes annonces, nouvelles agences, cérémonies officielles, tapis rouges et accumulation de nouvelles lois sur les anciennes ne feront rien. Il n’y a pas de magie. Ce dont nous avons besoin, c’est que le gouvernement Carney se tasse du chemin et approuve des projets financés par les entreprises privées.
« Carney a dit à Davos : “Un pays qui ne peut pas se nourrir, se fournir en énergie ou se défendre a peu d’options”. Alors pourquoi ne pouvons-nous pas le faire ? Cette semaine, le Canada a été déclaré capitale de l’inflation alimentaire du G7. Et l’an dernier, des Canadiens incapables de se nourrir ont fait un record de 2 millions de visites mensuelles aux banques alimentaires, plus du double d’il y a seulement 7 ans , dans un pays au potentiel agricole presque infini.
« Potentiel. Nous avons le potentiel pour être le pays le plus abordable et le plus riche du monde, parce que nous avons le plus de terres, de ressources et de littoral.
« Nous devons libérer notre potentiel.
« Cesser d’empêcher et commencer à agir.
« C’est pourquoi les conservateurs ont proposé la Loi sur la souveraineté canadienne. Il s’agit d’un plan détaillé pour libérer le potentiel du Canada et rendre notre pays plus abordable, autonome et souverain. Il vise à rapatrier le demi-billion de dollars d’investissements partis aux États-Unis au cours de la dernière décennie.
« Avec des mesures, comme :
- Mettre fin à l’impôt sur les gains en capital pour tout réinvestissement au Canada, carburant économique pour les nouvelles entreprises, inventions technologiques et projets massifs créateurs d’emplois ;
- Abroger les lois anti-pipelines et anti-développement pour légaliser l’approbation rapide et sécuritaire des pipelines et de l’exportation d’énergie vers l’Asie ;
- Passer du deuxième permis le plus lent dans le monde développé au plus rapide ;
- Approuver rapidement un nouveau pipeline vers le Pacifique pour envoyer un million de barils par jour, ou 30 milliards de dollars de pétrole par an, vers l’Asie, le plus grand coup de pouce aux exportations canadiennes de l’histoire ;
- Supprimer la taxe carbone industrielle pour que l’industrie et l’agriculture puissent produire de façon plus abordable ;
- Créer des primes de libre-échange pour les provinces et territoires qui ouvrent leurs marchés aux Canadiens, suppriment les barrières internes et renforcent l’unité économique nationale ;
- De nouvelles règles et incitations fiscales empêchant que les inventions, technologies, propriété intellectuelle et actifs stratégiques canadiens soient vendus à des intérêts étrangers d’État ou influencés par un État ; et
- Et réduire les taxes sur le travail, l’investissement, la construction de logements et l’énergie pour produire plus, pour moins, et avec plus d’indépendance.
« Produire plus pour moins rendra le Canada plus autonome, mais aussi plus abordable. Plus nous produisons notre nourriture et notre énergie et plus nous renforçons notre dollar en les vendant au monde, plus la vie devient abordable.
« C’est pourquoi j’annonce aujourd’hui que la semaine prochaine, nous présenterons une motion pour adopter la Loi sur la souveraineté canadienne à la Chambre des communes.
« En parlant de souveraineté : nous avons besoin d’une défense nationale forte et souveraine. Ce que nous faisons en matière de défense est entièrement sous notre contrôle. Nous n’avons besoin de la permission de personne pour avoir une armée moderne et forte et nous défendre. Mais pouvons-nous même nous défendre aujourd’hui ?
« Encore une fois, Mark Carney a beaucoup parlé de renforcer nos forces armées, mais après près d’un an comme premier ministre, il n’a même pas commencé à agir. Ce ne sont que des promesses et des budgets repoussés. Faites-nous confiance, dit-il, nous voulons vraiment le faire, mais, pas maintenant.
« Nous soutenons la souveraineté du Groenland et du Danemark. Mais nous devons aussi pouvoir défendre la nôtre. Nous avons actuellement 300 militaires à temps plein dans l’Arctique, dans un territoire plus grand que la plupart des pays. Nous avons le plus grand littoral au monde et pourtant, notre force navale régulière compte seulement 8400 personnes.
« Un pays souverain doit pouvoir défendre son peuple et son territoire.
« Les conservateurs ont un plan détaillé avec des engagements clairs et concrets pour reconstruire nos forces armées et restaurer notre grande tradition martiale :
- résoudre la crise du recrutement et augmenter rapidement et massivement la Force régulière et la réserve ;
- que le recrutement et les promotions soient basés sur le mérite et non sur la correction politique ;
- rétablir une présence militaire permanente canadienne dans l’Arctique avec la BFC Iqaluit, une nouvelle base navale arctique, et la mise à niveau d’Inuvik au statut de base complète pour chasseurs et ravitailleurs ;
- soutenir notre souveraineté avec du matériel réel en acquérant quatre nouveaux brise-glaces lourds, construire des avions AWACS pour détecter les menaces dans notre ciel arctique ;
- accélérer la modernisation des sous-marins, hélicoptères et hubs de soutien nordiques ;
- renforcer la présence sur le terrain en doublant les Rangers canadiens et en créant une nouvelle unité de réserve de l’armée à Whitehorse.
« Jusqu’à maintenant, M. Carney a eu de la chance que l’on juge son gouvernement à sa rhétorique et à ses intentions déclarées, par le nombre de voyages et de rencontres à l’étranger. Car près d’un an après son mandat, la rhétorique a changé, mais la réalité, non. Il y a une illusion de but, mais aucun résultat pour la soutenir.
« Nous devons agir, pas seulement parler. Canada Fort ne peut plus être simplement un slogan. Nous devons mettre nos gens et notre pays au premier plan de tout ce que nous faisons. C’est seulement à ce moment que nous serons autonomes et abordables, sûrs et autosuffisants.
« Pour paraphraser Henley : nous sommes les maîtres de notre destin. Nous sommes les capitaines de notre âme. Il est temps de reprendre le contrôle et de diriger le Canada avec détermination. »