La pandémie de COVID-19 met notre pays dans une situation d’urgence de santé publique sans précédent. Plus de 30 000 Canadiennes et Canadiens sont malades, et nombre d’entre eux ont dû être hospitalisés. Un trop grand nombre d’entre nous pleurent la perte de membres de notre famille et d’amis. Les travailleurs de la santé travaillent jour et nuit sans toujours avoir les fournitures médicales nécessaires. Notre économie est pratiquement au point mort, laissant des millions de personnes sans travail et mettant des entreprises en péril partout au pays. Les enfants perdent un temps précieux qu’ils devraient passer à l’école. Nos aînés sont isolés et, dans certains cas tragiques, ont besoin de meilleurs soins de santé. Parallèlement, le premier ministre Trudeau dit qu’il faudra des semaines avant que le Canada puisse fonctionner comme avant.

Le 13 mars, quand l’ampleur de la crise est devenue claire, la Chambre des communes a ajourné ses affaires habituelles pour cinq semaines. Pendant cet ajournement, le Parlement a siégé à deux reprises pour adopter les mesures législatives d’urgence requises pour aider les Canadiennes et les Canadiens. 

La Chambre des communes devrait de nouveau siéger le 20 avril. Tous les partis négocient pour déterminer comment exactement la Chambre devrait se réunir compte tenu des réalités de la pandémie de COVID-19.

Les conservateurs proposent un plan raisonnable pour garder le Parlement ouvert afin que nous puissions améliorer les programmes et les politiques du gouvernement et obtenir de meilleurs résultats pour les Canadiennes et les Canadiens.

Tout le monde sait que nous ne pouvons pas réunir les 338 députés à la Chambre tout en respectant les directives de santé publique. C’est pourquoi, lors des deux séances d’urgence précédentes, le 24 mars et le 11 avril, la Chambre s’est réunie avec un petit nombre de députés. Chaque parti était représenté proportionnellement à la taille de son caucus. Nous proposons de garder ce modèle.

Pour assurer que les Canadiennes et les Canadiens obtiennent l’aide véritable dont ils ont besoin, il doit y avoir une surveillance et une responsabilisation. C’est pourquoi les conservateurs proposent de tenir trois séances en personne par semaine afin de permettre aux députés de débattre et de voter sur les mesures législatives essentielles en raison de la COVID-19. De plus, les députés passeraient deux heures par jour à poser des questions au premier ministre et aux ministres sur tous les aspects de la réponse du gouvernement à la pandémie. Ces séances se sont révélées extrêmement utiles jusqu’à présent. Nous avons amélioré la mesure législative sur la Subvention salariale, nous avons pressé le gouvernement de rendre les travailleurs saisonniers admissibles à la Prestation canadienne d’urgence, et nous avons obtenu des réponses aux nombreuses questions que posent les Canadiennes et les Canadiens.

De plus, le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre a reçu le mandat d’étudier l’utilisation de séances virtuelles en plus de ces séances en personne. Si le Comité recommande des séances virtuelles, nous sommes prêts à nous réunir une fois par semaine afin de permettre à un plus grand nombre de députés de participer.

Alors que cette crise évolue, nous reconnaissons que le gouvernement peut devoir adopter de nouvelles mesures législatives pour aider les Canadiennes et les Canadiens qui sont en difficulté. Les partis de l’opposition ont déjà démontré comment le débat, la discussion et les questions difficiles améliorent les programmes et les politiques du gouvernement. Les conservateurs sont prêts à se retrousser les manches et à se mettre au travail.

Les comités parlementaires jouent aussi un rôle essentiel dans la responsabilisation du gouvernement. Normalement, ils sont maîtres de leurs affaires et peuvent convoquer des témoins, adopter des motions et obliger le gouvernement à produire des documents. En février dernier, le Comité de la santé a pu obtenir plus de 1 000 pages d’information sur le traitement de la pandémie par le gouvernement. Cependant, ce qu’il a reçu en mars avait été principalement rédigé par le gouvernement. Les comités virtuels ne peuvent pas se procurer cette information. Les Canadiennes et les Canadiens méritent de savoir ce qui s’est mal passé et ce que le gouvernement prévoit faire pour améliorer les choses à l’avenir.

Actuellement, les Comités de la santé et des finances se réunissent virtuellement, et d’autres comités devraient commencer à faire de même la semaine prochaine. Cependant, le gouvernement refuse de donner aux réunions de comité virtuelles les mêmes pouvoirs qu’aux comités réguliers. Les conservateurs insistent pour que tous les comités puissent se réunir virtuellement afin de discuter de la réponse à la pandémie, et pour qu’ils aient leurs pouvoirs habituels. Le gouvernement ne doit pas pouvoir cacher des choses aux Canadiennes et aux Canadiens.

Grâce à nos efforts acharnés pour assurer une responsabilisation appropriée, le Parlement a demandé au vérificateur général d’examiner le niveau sans précédent des dépenses du gouvernement pendant cette crise, et d’assurer que pas un seul dollar des contribuables n’est gaspillé. Pour que ce travail essentiel soit fait, le gouvernement doit nommer un vérificateur général permanent, avec un mandat de dix ans, et fournir les ressources nécessaires à son bureau.

Certaines personnes insinuent que les conservateurs cherchent à tenir des séances hebdomadaires à des fins purement partisanes. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Nous voulons aider les Canadiennes et les Canadiens à traverser cette crise et assurer qu’au moment venu, nous aurons un plan pour remettre l’économie canadienne sur pied.

Comme l’a dit le grand John Diefenbaker : « Le Parlement n’est pas qu’une question de procédure, c’est le gardien de la liberté du pays. »

Aucun gouvernement ne devrait utiliser une crise sanitaire pour museler la démocratie ou enlever des droits et des libertés durement gagnés. Quand le gouvernement a tenté de s’octroyer de nouveaux pouvoirs considérables, nous l’en avons empêché. Quand il a tenté d’éviter la responsabilisation, nous avons exigé de la transparence. Et quand il a présenté une mesure législative pour aider les Canadiennes et les Canadiens, nous avons apporté des améliorations. Cela doit continuer.

Le Parlement est un service essentiel. Des représentants gouvernementaux au Japon, en Italie, en France, en Allemagne, en Grèce, en Suède, en Finlande et au Parlement européen continuent à se réunir en cette période difficile. Notre démocratie devrait fonctionner de la même manière.

J’espère sincèrement que tous les partis vont accepter nos propositions sensées. Les Canadiennes et les Canadiens comptent sur nous.

Cordialement,

Andrew Scheer, chef des conservateurs du Canada et de l’Opposition officielle