Aujourd’hui, le porte-parole de l’opposition officielle sur les institutions démocratiques Scott Reid (Lanark-Frontenac-Kingston) a fait la déclaration suivante au sujet de l’annonce selon laquelle le gouvernement libéral va créer un comité consultatif de cinq membres pour les nouvelles nominations au Sénat : « Ce nouveau processus n’est pas démocratique, il n’est pas transparent et il ne représente pas une vraie réforme du Sénat. Il ne fait que créer un groupe nommé, non élu, qui recommandera des sénateurs nommés, non élus. Soyons clairs : c’est le statu quo, avec le premier ministre Trudeau qui fait des nominations au Sénat. Un seul parti défend une véritable réforme du Sénat et un Sénat élu, et c’est le Parti conservateur du Canada. « Cette annonce est un recul pour la démocratie. Le seul et unique élément démocratique de notre système actuel est que les sénateurs de l’Alberta sont nommés dans le cadre d’une élection provinciale en vertu de la Senatorial Selection Act. Pourtant, il semble que les Libéraux veulent écarter cette possibilité en Alberta et ailleurs au pays, retournant aux nominations comme l’a fait Paul Martin en 2004 quand il a ignoré la Senatorial Selection Act et nommé trois sénateurs de l’Alberta sans mandat populaire. « Ce processus ajoute un autre niveau de secret à ce qui est déjà un processus opaque. De par sa conception, la liste restreinte que ce comité va dresser est secrète. Le grand public ne saura même pas qui a été nommé par le comité, mis à part le candidat choisi par le premier ministre. « La structure du comité de cinq membres affaiblit la fonction critique de représentation régionale du Sénat. Dans la plupart des cas, le premier ministre et la majorité des membres du comité ne représenteront pas la province pour laquelle une nomination est faite. Déjà, le gouvernement de la Colombie-Britannique a bien fait comprendre qu’il ne participera pas à ce processus parce qu’il ne fait rien pour répondre aux préoccupations de la province. « L’un des cinq premiers sénateurs nommés par ce processus sera nommé comme nouveau leader du gouvernement au Sénat, un rôle expressément partisan lié au gouvernement en place. Ça ne fait qu’intensifier les préoccupations selon lesquelles le processus de nomination est truqué dès le départ afin de donner au premier ministre un groupe « d’indépendants » symboliques qui vont de toute évidence soutenir uniquement l’ordre du jour du gouvernement. « Si les Libéraux n’écoutent pas les Canadiens – qui préfèrent massivement des solutions différentes – et ne font rien pour rendre le Sénat plus démocratique, ils doivent assurer une plus grande transparence pour le processus ad hoc qu’ils ont créé. « Il est malheureux que le gouvernement libéral ne s’engage pas à apporter de vrais changements au Sénat. L’annonce faite aujourd’hui n’est qu’une diversion de ce qui devrait être la priorité du gouvernement, c’est-à-dire la création d’emplois et la force de l’économie. »